Dans l’élaboration
de la neige de culture les facteurs climatiques sont déterminants.
Ils sont au nombre de trois :
1. La pression atmosphérique.
2. La température.
3. L’Humidité Relative.
Nous traiterons
ici de l’aspect le plus méconnu en l’occurrence de l’humidité.
La vie existe sur terre car il y a de l’eau. Celle-ci se retrouve dans
l’air sous forme de vapeur d’eau. Elle se manifeste à nous sous
diverses formes parmi celles-ci citons les nuages, le brouillard, le gel
et la rosée. Même quand elle nous est invisible la vapeur
d’eau est omniprésente. La première chose dont il faut se
souvenir en toute circonstance c’est que l’Humidité est un GAZ
incolore inodore, mais que l’on peut « percevoir physiologiquement
» par excès de transpiration si l’air est très humide,
même s’il ne fait pas forcement chaud, par des douleurs à
la gorge (en fait les cordes vocales sont irritées) quand l’air
est trop sec …..
Comme vous l’avez
sûrement noté je n’ai parlé ici que d’humidité,
mais alors pourquoi avoir introduit plus haut la notion d’humidité
relative. Là le raisonnement devient un tantinet plus pointu. Commençons
par le début et quelques définitions.
1-QUELQUES
DEFINITIONS
1,1- AIR SEC
L’air sec est un mélange de gaz contenant principalement de l’azote
de l’oxygène, de l’argon, du gaz carbonique et, en faibles quantités,
un certain nombre d’autres gaz (néon, hélium, krypton, hydrogène,
etc.). Les proportions de ces différents gaz, tout en variant légèrement
en fonction du temps et du lieu, peuvent être considérées
en première approximation comme constantes (air de référence).
1,2- AIR HUMIDE
L’air humide est un mélange en proportions variables d’air sec
et de vapeur d’eau. Il est à noter que la vapeur d’eau est de l’eau
à l’état gazeux, la présence d’eau sous forme liquide
en suspension (brouillard) n’intervient pas dans la notion d’air humide
et n’entre pas dans le cadre de ce document ; la présence d’eau
en suspension peut même constituer un élément perturbateur
pour les mesures d’humidité.
1,3- AIR SATURE
L’air saturé correspond à un air humide, à une température
et à une pression données, dont la quantité de vapeur
d’eau qu’il contient est telle que toute quantité de vapeur d’eau
supplémentaire ne peut apparaître que sous forme liquide
ou solide.
Pour illustrer
le propos considérons une boite d’un volume de 1m3 d’air qui contient
de l’air, en fait de l’azote (80%) de l’Oxygène (19%) et bien d’autres
gaz, plus ou moins sympathiques d’ailleurs, ainsi que de la vapeur d’eau
qui est la résultante de la combinaison de 2 molécules d’Hydrogène
associées avec une molécule d’eau d’Oxygène, le fameux
H2O.
2-HUMIDITE RELATIVE
Considérons
que ce volume d’air a été prélevé au niveau
de la mer à 20°C , et qu’il contient une masse de vapeur d’eau
égale à 4.14 gr de vapeur d’eau (cette valeur est appelée
Humidité Absolue). L'humidité relative est mesurée
en comparant la masse réelle de la vapeur d’eau à la masse
de la vapeur dans l'air saturé à la même température.
Par exemple, l'air à 20°C°C contient 8.28 g/m3 (grammes
par mètre cube) de vapeur d'eau une fois saturée. Si l'air
à cette température contient seulement 4,14 g/m3 de vapeur
d'eau, alors l'humidité relative est 50%. Simple, n’est-ce-pas….
!
Conclusions :
l’humidité relative est une valeur, on dit un ratio exprimé
en %, qui indique la proportion de vapeur d’eau à une température
donnée que contient l’air par rapport à la quantité
maximum que celui-ci pourrait contenir avant saturation.
3-COMMENT
LA MESURER. ?
1-
il faut un matériau hygroscopique. Un matériau qui puisse
absorber et restituer la vapeur d’eau.
2- il faut que le fait d’absorber ou de restituer la vapeur d’eau puisse
se traduire par la variation de quelque chose qui soit mesurable électriquement.
Pour
cela on utilise l’effet capacitif (pour être plus précis
la variation de capacité d’un condensateur), dont le diélectrique
est sensible à l’humidité (le diélectrique est d’un
polymère hygroscopique) On peut assimiler ce diélectrique
à une éponge, si ne n’est que son épaisseur n’est
ici que de quelques microns seulement.
taille réelle du capteur d’humidité modèle
H6000
5x5mm épaisseur 125µm

TRANSMETTEUR d’HUMIDITE RELATIVE modèle T220
4-DIFFERENCES ENTRE UN CAPTEUR ET UN TRANMETTEUR
Il
convient également de préciser la différence entre
capteur et transmetteur. Un capteur fournit un signal de sortie «
bas niveau » qui n’est pas en général exploitable
que par l’utilisateur final, un transmetteur fournit un signal normalisé
de « haut niveau » 4-20mA ou 0-10V par exemple.

Ci-dessus détail de la structure d’un capteur capacitif
d’humidité
(NB : les échelles ne sont pas respectées)
Une
couche de polymère diélectrique, absorbe les molécules
d’eau de l’air ambiant de façon à se mettre en équilibre
« humide » avec cet air. Cela provoque une modification de
la constante diélectrique de cette couche, d’où une variation
de la valeur de la capacité.
EVAPORATEUR SOUS
VIDE
Le capteur d’humidité relative ainsi obtenu subit toute une série
de test pour le qualifier puis il est assemblé sur un module de
traitement du signal.

4-Dépendance de la température
Nous avons dit
plus haut que la mesure de l’humidité relative est dépendante
de la température. Elle augmente quand la température diminue.
A l’inverse si la température augmente, l’humidité relative
diminue. Quand on souhaite faire des étalonnages il faut que la
température soit surtout stable depuis un certain temps pour que
l’équilibre thermodynamique soit atteint.. Ceci explique que l’étalonnage,
nous préférons parler de calibration, est long environ 10
heures sont nécessaires par isotherme pour calibrer
Le
tableau ci-dessous indique l’erreur que nous commettons sur la mesure
de la HR si la température varie de ±1°C. Exemple quantitatif
: la température de l’air est 20°C et l’Humidité Relative
est de 50% ( ce qui est le cas sous nos latitudes) si la sonde voit sa
température changer de +1°C ( car elle est exposée directement
aux rayons du soleil ce qu’il faut absolument proscrire) elle indiquera
53.2%C au lieu des 50% susmentionnés.

5-
CONDITIONS POUR UNE BONNE MESURE DE LA HR*
*HR
= Humidité Relative.
· Le transmetteur doit être installé loin des sources
de température parasites à l’abri des rayons du soleil.
· Le flux d’air auquel il est soumis est « représentatif
» du milieu dont on veut mesurer l’humidité.
· Il doit être éloigné de toutes sources de
pollution, par exemple loin des groupes électrogène diesel
…
6-
MAINTENANCE.
La
seule opération de maintenance est le nettoyage éventuel
du filtre, car comme le disait LAPALISSE un filtre ça filtre par
conséquent ça peut se colmater. ….( Il nous est arrivé
de trouver des moucherons)
Il faut éviter de graisser ou nettoyer une pièce mécanique,
un contact électrique à l’aide d’aérosol, certains
gaz propulseurs comme le propane sont à proscrire.
Même si c’est tentant on ne nettoie pas le capteur avec un chiffon
ou un Qtips, on le trempe dans de l’eau déminéralisée
et on le laisse sécher à l’air libre. (voir FAQ du site
www.gefran.fr)
7-
CONTROLE.
Pour contrôler un transmetteur d’humidité il faut générer
de l’humidité avec précision et ce à une température
constante et bien connue, ce n’est pas simple. Faire un contrôle
in situ c’est rigoureusement impossible. Si l’on dispose d’une pièce
où la température est contrôlée on peut utiliser
des kits de contrôle à base de solutions salines saturées
d’une mise en œuvre somme toute aisée. Pour plus détails
je vous renvoie au site www.gefran.fr.
8-RECALIBRATION.
Question
: Est-il nécessaire de Re-calibrer les Transmetteurs d'Humidité
Relative. ?
Réponse
: OUI. Comme pour tous les capteurs et transmetteurs de gaz, n’oublions
pas que la vapeur d’eau que nous mesurons est un gaz, Il est nécessaire
de recalibrer périodiquement les transmetteurs d'humidité
relative, car sur une période plus ou moins longue de temps l'élément
de mesure dérive.
Eu égard à notre expérience la périodicité
à laquelle cette opération doit être faite dépend
:
- Des conditions environnementales de pollution, poussières, agents
chimiques, etc…
- Des conditions de température et d'humidité relative.
En
montagne les gaz interférents ou polluants sont peu présents,
les dérives résultent principalement du vieillissement physiologique
normal de l’élément sensible.
Conclusions : Pour en savoir plus sur la mesure de l’humidité ils
existent de nombreux sites français et anglo-saxons qui vous parleront
de Dew Point, d’Enthalpie de Mixing Ratio de Vapeur de Pression Saturante
etc… pour ma part je m’en suis tenu au à l’essentiel.
Et
bonne neige à tous…
J PUGLISI
GEFRAN CORECI.