|
6
– CONSTRUCTION ET GESTION D’UNE INSTALLATION D’ENNEIGEMENT
6.3
- GESTION
6.1.
– DÉFINITION DE L’OBJECTIF ET PRÉ-DIMENSIONNEMENT
Il y a lieu de formaliser les objectifs recherchés en arrêtant
les paramètres suivants :
Paramètres quantitatifs :
- volume de neige à produire (surface,
épaisseur) ;
- capacité thermique ;
- calendrier prévisionnel de production
(notamment premier enneigement) ;
- débit d’eau nécessaire.
Paramètres qualitatifs :
- niveau d’automatisme ;
- niveau sonore ;
- répartition de neige produite (régalage).
Ces paramètres permettront de sélectionner
les technologies en fonction des contraintes du site nécessaires.
Evaluation de coûts :
- coût global d’investissement et échéances
de financement possible ;
- coût global d’exploitation.
Le tableau ci-dessous reflète un exemple
de pré-dimensionnement d’une installation d’enneigement à partir
des paramètres pré-cités.
6.2.
– ÉTUDE ET CONSTRUCTION
NE
NÉGLIGER AUCUN DÉTAIL AVANT DE COMMENCER LES TRAVAUX
Le bon déroulement d’un projet demande
un certain nombre de précautions qu’il est nécessaire d’assurer
avec le concours d’un maître d’œuvre indépendant des constructeurs
et compétent en travaux hydrauliques :
1
- Faire un avant-projet détaillé
A partir de l’avant-projet et des données
indiquées par le fournisseur, le maître d’œuvre réalisera l’appel
d’offres concernant les travaux de réalisation de l’I.E.A. éventuellement
divisé en plusieurs lots (génie civil et bâtiments, réseaux, ressources
en eau, travaux de pistes).
On ne négligera aucun détail, tels
que travaux prévus sur les pistes (remodelage, pose de drains, reverdissement),
les dispositifs de régulation et de vidange sur la retenue d’eau,
et l’aspect architectural du local technique.
Les travaux de préparation des pistes
revêtent un caractère essentiel ; en effet, une piste bien
préparée (surface plane, enherbée, drainée) pourra être skiable
avec une hauteur de neige minimale et la résistance du manteau neigeux
sera meilleure.
2
- Procéder à des appels d’offres
Le maître d’œuvre réalisera ensuite
un appel d’offres de fournitures auprès de tous les constructeurs
susceptibles de fournir un matériel adapté.
Avant d’attribuer le marché, on s’assurera
que la réponse apportée est bien conforme au cahier des charges,
et que l’expérience du constructeur est suffisante. On n’hésitera
pas à se déplacer sur un site équipé avec ce type de matériels,
et à discuter avec l’exploitant.
Le marché de fournitures prévoira également
le programme d’essais et contrôles, ainsi que le mode de réception
de l’installation et les pénalités éventuelles en cas de non-respect
du cahier des charges.
3
- Ne pas oublier les démarches administratives
Avant d’attribuer le marché et de démarrer les travaux, on
devra avoir réuni toutes les autorisations nécessaires. Le contexte
réglementaire pour ce type de réalisation étant complexe, on demandera
conseil aux services de l’Etat (Directions Départementales de l’Equipement,
de l’Agriculture…).
4
- Éviter la précipitation
On ne se mettra pas dans la situation de démarrer le chantier
à l’automne, ce qui entraînerait des délais de réalisation trop
courts et des conditions de travail difficiles.
On risque alors des finitions inachevées, des surcoûts et de
ne pas être prêt à fonctionner dès le début de l’hiver.
Le maître d’œuvre sera chargé d’établir
à partir des études préalables les prestations suivantes :
- les études d’esquisse,
- les études d’avant-projets,
- les études de projet,
- l’assistance apportée au maître de
l’ouvrage pour la passation des contrats de travaux,
- les études d’exécution ou l’examen
de la conformité au projet et le visa de celles qui ont été faites
par le ou les entrepreneurs,
- la direction de l’exécution des contrats
de travaux,
- l’ordonnancement, le pilotage et la
coordination de chantier,
- l’assistance apportée au Maître de
l’ouvrage lors des opérations de réception et pendant la période
de garantie de parfait achèvement.
DURANT
LES TRAVAUX
Le
maître d’ouvrage désignera un coordonateur de sécurité, ayant pour
mission :
- de coordonner la mise en œuvre des
principes généraux de prévention et de sécurité ;
- de coordonner la mise en œuvre des
dispositions pertinentes, afin d’assurer que les employeurs et,
si cela est nécessaire pour la protection des travailleurs, les
prestataires extérieurs :
- mettent en œuvre de façon cohérente
les principes de sécurité définis par directive européenne 89/391/CEE
- appliquent lorsqu’il est requis le
plan de sécurité.
6.3.
– GESTION
6.3.1 – Maîtriser la gestion
On a pu constater que les performances d’une installation de
production de neige dépendaient bien entendu de sa bonne adaptation
au site et des conditions climatiques, mais également des modalités
de gestion adoptées par l’exploitant.
a)
Adapter la gestion aux objectifs
On a vu que le coût de fonctionnement de l’I.E.A. était étroitement
lié à son nombre d’heures de fonctionnement.
A certaines heures, le coût de fonctionnement de l’I.E.A. est
plus élevé qu’à d’autres (tarifs EDF, frais de personnel).
Enfin, le nombre d’heures de froid est variable d’une année
à l’autre, de même que l’enneigement naturel, sans qu’il y ait nécessairement
concomittance entre les deux.
Trois modes de gestion sont alors possibles :
·
Faire
fonctionner l’I.E.A. pendant toute la saison, dès que le potentiel
de froid le permet : c’est la solution la plus coûteuse, mais
la plus sûre si l’on dispose de réserves d’eau suffisantes et que
les aléas d’enneigement sont importants,
·
Faire
fonctionner l’I.E.A. dès que le potentiel de froid le permet tant
que le manteau neigeux n’est pas solidement installé, et le reste
du temps, ne la mettre en route qu’aux périodes les plus économiques :
on adoptera cette solution pour répondre à des aléas d'enneigement
n’entraînant que des pertes d’exploitation relativement rares et
localisées dans le temps.
·
Privilégier
la recherche d’une économie maximale de gestion en ne faisant fonctionner
l’I.E.A. qu’aux heures creuses : ce mode est adapté si les
pertes d’exploitation liées aux aléas d’enneigement sont exceptionnelles
et si le nombre d’heures de froid est important et que l’on peut
donc se limiter à ces périodes…
A noter que la plupart des systèmes
permettent d’obtenir aujourd’hui le niveau de production de neige
de chaque canon ou regard. Après une ou deux saisons d’exploitation,
il est alors possible d’évaluer, regard par regard, la production
de neige souhaitable pour garantir une bonne skiabilité.
Aujourd’hui, les stations qui s’équipent
d’une installation de production de neige ne doivent pas raisonner
uniquement par rapport au coût d’investissement, mais aussi par
rapport au coût de fonctionnement, c’est à dire le prix de la neige
produite et mise en place sur la piste : une neige prête à
skier.
b)
Formation du personnel
Le pilotage et la maintenance courante
d’une I.E.A. nécessitent un personnel formé.
La formation délivrée par certains
constructeurs et le présent recueil constitue le minimum pour connaître
et maîtriser le fonctionnement des matériels (la part de technicité
du nivoculteur intervient de façon déterminante dans le bilan de
fonctionnement de l’IEA).
De plus, il est pratiquement indispensable
de pouvoir disposer d’un responsable d’entretien qualifié (électromécanique,
automatismes).
Enfin, les conducteurs d’engins doivent
être expérimentés, leurs tâches étant primordiales (obtenir un manteau
neigeux homogène à partir de la neige produite), parfois délicates
(transport des enneigeurs le cas échéant) et le plus souvent dans
des conditions difficiles (travail nocturne, froid…) : les
erreurs dans ce domaine peuvent réduire à néant l’impact positif
de la production de neige.
Les installations manuelles et semi-automatiques
mobilisent le personnel d’exécution pendant les heures de production,
c’est à dire le plus souvent la nuit.
Les installations bénéficiant d’un
automatisme complet permettent de réduire considérablement l’intervention
du personnel, bien qu’une surveillance soit souvent nécessaire.
En revanche, la maintenance courante impose un personnel plus qualifié.
c)
L’importance des travaux de damage
L’orientation des enneigeurs, les conditions
du vent, le relief de la piste… ne permettent pas d’obtenir sans
intervention un manteau de neige régulier et homogène.
L’intervention des engins de damage
s’avère donc indispensable, plus encore qu’après une chute de neige
naturelle. Cette intervention nécessite un savoir-faire important,
car l’épaisseur de neige « fraîche » est alors assez faible,
et la sous-couche n’est pas toujours présente. Il faut également
choisir judicieusement le moment de passage dans le laps de temps
qui sépare la fabrication de la neige de l’ouverture de la piste.
De plus, la fréquence du damage sera
adaptée à la qualité de neige produite et à la fréquentation de
la piste.
Lors d’une période de redoux, il est
préférable de laisser la neige produite en tas, de façon à limiter
la fonte ; elle sera étalée ultérieurement lorsque les conditions
climatiques deviendront plus favorables.
Ces travaux de damage spécifiques sont
souvent sous-évalués dans les budgets de fonctionnement de l’I.E.A.
Leur efficacité optimale ne sera probablement
pas atteinte immédiatement ; une période d’adaptation du personnel
et des techniques est le plus souvent nécessaire, tant au niveau
de pilotage de l’I.E.A. que des travaux de damage, pour tirer le
meilleur parti de l’installation.
d)
L’importance du coût de l’énergie
On a vu que le poste électricité était
de loin le poste le plus coûteux en fonctionnement. On aura donc
intérêt à rechercher la solution la mieux adaptée qui permette de
satisfaire les objectifs de l’I.E.A. avec le meilleur rapport coût/efficacité.
On a décrit dans le chapitre « Approche
économique », les éléments relatifs aux différents tarifs proposés
par EDF, et un exemple d’application permettant de confronter le
potentiel d’heures de froid avec les périodes de tarification EDF.
On s’aperçoit alors qu’il est difficile,
sauf si l’on dispose d’un potentiel d’heures de froid important
et de faibles besoins de production de neige, d’adopter une politique
systématique d’arrêt de l’installation pendant les heures pleines.
En revanche, il apparaît le plus souvent
peu intéressant de fonctionner en heures pleines avec des conditions
de froid limites, et un rendement médiocre de l’installation.
On pourra alors, à condition de disposer
de l’analyse statistique des heures de froid obtenue par exemple
grâce au modèle mis au point par le CNRS, définir une véritable
politique de gestion de l’I.E.A. vis-à-vis de la consommation d’énergie,
pouvant conduire à de substantielles économies sans pour autant
limiter la production de façon significative. Cette démarche sera
conduite en liaison avec les services d’EDF dans le cadre de la
négociation du contrat.
e)
Assurer la maintenance de l’installation
Pour être efficace, une I.E.A. doit
impérativement être disponible lorsque les conditions de froid deviennent
favorables. Cela suppose une maintenance parfaite de l’installation.
Le point faible réside le plus souvent
au niveau des pompes, dont le rythme de fonctionnement irrégulier
augmente les risques de pannes et abrège leur durée de vie.
La maintenance peut être assurée à
trois niveaux :
·
par
le personnel d’exploitation : pour l’entretien courant, mais
également pour des interventions plus poussées en fonction du niveau
de formation du personnel et du lot de pièces disponibles.
·
Par
des entreprises locales, mobilisables rapidement, en cas de travaux
d’entretien ou de réparation dans leur domaine de compétences.
·
Par
le constructeur, pour des vérifications annuelles (avant mise en
service) ou des grosses réparations.
Souscrire un contrat de maintenance exclusive avec le constructeur
est une formule coûteuse, et n’est efficace que si le délai d’intervention
pour les petites pannes peut être réduit au minimum.
f)
Effectuer un suivi des résultats et une gestion des coûts
Il est essentiel de pouvoir mesurer l’efficacité d’une I.E.A.
afin d’évaluer son impact et d’affiner son mode de gestion, et aussi
pour décider d’éventuelles extensions.
Pour cela, il est souhaitable de relever systématiquement les
données suivantes, au moins tous les mois :
·
temps
passé par le personnel,
·
nombre
d’heures de damage,
·
volume
d’eau utilisé,
·
nombre
d’heures de fonctionnement,
·
nombre
d’heures de froid disponible,
·
consommation
d’énergie (nombre de kWh, coût),
·
enneigement
naturel,
A partir des relevés il y a lieu de
récupérer les comptes d’exploitation et de les comparer par rapport
au budget prévisionnel. Chacun des postes budgétaires devra être
analysé afin d’entreprendre les éventuelles actions correctives.
En fin de saison, on dressera un bilan
de fonctionnement de l’I.E.A. et de son impact sur le fonctionnement
du domaine skiable (chiffre d’affaires, passages sur les remontées
mécaniques), qui pourra guider la stratégie de gestion de l’installation
les saisons suivantes et les éventuels projets d’extension.
L’encart ci-après montre sur un cas
fictif, un exemple d’application des méthodes proposées dans ce
guide.
6.3.2 – Organisation et méthodes de travail
Le nivoculteur se doit d'être particulièrement organisé compte
tenu des contraintes particulières liées à sa fonction.
Les quelques conseils suivants ajoutés à ses compétences, lui
permettront d'améliorer encore son efficacité.
·
Respect
de la structure hiérarchique, du règlement intérieur, des consignes,
des procédures et des notes de service de l’entreprise.
·
Assurer la continuité du service (bonne transmission
des informations de poste de travail à poste de travail, anticipation
des absences,….).
·
Rédaction d'un carnet de bord, permettant une bonne
traçabilité des différentes interventions, et une meilleure précision
dans les consignes mutuelles avec les collègues de travail ( toutefois,
ce journal de bord dûment rempli ne remplace et ne dispense pas
d'un échange direct avec les autres personnes de l'entreprise, qu'il
faut rechercher dans la mesure du possible).
·
Préparation très soigneuse de jour de son travail
de nuit (la majorité des services de l’entreprise, n’est plus accessible
la nuit).
·
Réfléchir
dans ses actions pour éviter des efforts inconsidérés ; penser
aux moyens matériels de l’entreprise ou aux services disponibles
de jour, qui permettent d’économiser ces efforts.
·
Maintenir
en bon état les accès aux points d’intervention d’urgence (déneigement
des accès aux vannes de sectionnement et autres points clefs de
l’installation).
·
Limiter
ses interventions à celles liées à sa propre compétence (ne pas
intervenir dans les locaux de transformateur sans habilitation,
ou exécuter le travail d'un spécialiste sans en avoir les capacités).
6.3.3 Relations avec les autres services
Le nivoculteur fait partie, dans la plupart des cas, du service
des pistes. Dans quelques stations, le nivoculteur est sous la responsabilité
d'un autre service (remontées mécaniques, commune,…) ou indépendant.
C'est un choix d'organisation locale.
Du fait de son isolement et de sa dépendance importante des
autres services de l’entreprise travaillant de jour, le nivoculteur
devra veiller tout particulièrement à :
·
Faire lui-même les efforts pour se rapprocher du
personnel travaillant la journée.
·
Rechercher
les compléments de compétences auprès des spécialistes (électrique,
mécanique, hydraulique, usinage, ...) et les aider à assurer leur
intervention sur les équipements de neige de culture.
·
Maintenir
des relations étroites avec les services de damage et service des
pistes ( discuter avec eux du meilleur moment pour l'étalement des
tas, se concerter pour définir les zones prioritaires d'enneigement,
les zones à renforcer du fait de l'usure particulière ou de l'exposition)
.
·
Conserver une bonne coordination avec le personnel
mécanicien chargé de l'entretien des engins de déplacements.
Pour ce faire, il renseignera précisément le carnet de bord
des engins qu'il utilise, avec une bonne explication des anomalies
ou pannes qu'il aura rencontrées, et assurera scrupuleusement le
petit entretien qui est à la charge du conducteur.
6.3.4 Perfectionnement et actualisation
des connaissances
Le métier de nivoculteur est un métier nouveau en pleine évolution.
En conséquence le nivoculteur doit être particulièrement attentif
aux nouvelles techniques.
·
Il
veillera à prendre connaissance des documents délivrés par le fabriquant
(notices techniques et d’entretien, plans, schémas,….) afin de connaître
parfaitement le matériel dont il dispose. Il prendra soin de réclamer
si besoin ces documents
·
Il suivra l’évolution technologique du matériel utilisé
auprès du fabricant.
·
Il
effectuera des stages de formation complémentaire qualifiant proposés
par son employeur. Plus particulièrement :
-
Des stages de formation aux techniques de "sauveteur secouriste
du travail".
-
L’apprentissage des langues (anglais technique spécialisé).
-
Des stages de conduite des engins motorisés.
-
La formation pour l’obtention de l’habilitation électrique.
-
Des stages spécifiques de nivoculteur.
·
Il
se rapprochera des personnes exerçant le même métier dans les autres
stations qui lui feront partager leurs expériences, leurs difficultés,
leurs astuces….
L'obtention de qualifications reconnues
sera la meilleure façon d'être apprécié dans sa fonction et le meilleur
gage d'une bonne continuité dans son métier et d'une autonomie dans
ses interventions professionnelles.
6.3.5 - Réflexions d’un nivoculteur
« La préoccupation de tout nivoculteur est de pouvoir répondre à des
besoins d’enneigement, de les cerner et de les définir dans le temps.
Il en résulte certains impératifs de prévisions et d’anticipations à la
bonne gestion de la production, qui se résument en trois points :
Quantité, qualité et coûts d’exécution.
En
début de campagne, les premiers froids arrivent sur des sols encore
souvent non gelés, les températures restent marginales et le réchauffement
solaire diurnal est encore relativement important. Le premier arrosage
permet de faire descendre le gel dans le terrain et éventuellement
de coucher la végétation en la lestant.
L’enneigement
une fois réellement débuté, de préférence dans la logique d’intervention
des chenillettes pour le régalage de la neige, le choix d’une neige
de qualité sèche prévaut, et ce pour trois raisons : la première,
la formation et l’évolution des cristaux rejoignent celles de la
neige naturelle avec une densité toutefois supérieure et assurent
ainsi une pérennité supérieure compte tenu du nombre de phases évolutives
plus importantes. Secundo le fait de maintenir une teneur en eau
liquide minimum au sein du manteau neigeux constitué, évite les
problèmes de ruissellement et de percolation conduisant à la formation
de plaques de glaces largement décriées par la clientèle, et négatives
vis-à-vis de l’effort de la qualité de la prestation recherchée.
Troisièmement le travail de la neige peut se faire de façon plus
rapide et plus douce pour les chenillettes après un temps normal
et préférentiel d’égouttage.
En ce qui concerne la clientèle, elle saura apprécier la douceur et la
skiabilité d’une piste, et n’en aura que plus gré, vis-à-vis de
la prestation qui lui est offerte.
Cependant
il y a un cas de figure bien spécifique qui va à l’encontre de
cette démarche, lorsque la destination première de la piste va
vers une compétition avant d’être livrée à la clientèle. Le cahier
des charges autorisant la livraison d’une piste à la compétition
exige de la manière la plus précise que l’état de la piste offerte
aux compétiteurs soit le plus homogène possible du premier au dernier
des coureurs dans un sens et un devoir d’équité et aussi de sécurité.
La livraison de telle piste souvent avec un fort dénivelé, des murs
plus ou moins étroits, pose bien évidemment des problèmes ensuite
et oblige à un chenillage systématique de certaines portions afin
de pouvoir y faire ré-adhérer une neige beaucoup plus sèche et surtout
beaucoup plus skiable pour la majorité des clients.
La
réflexion des objectifs oblige à une maintenance préventive ou corrective
systématique de tous les organes composant la chaîne de production,
de manière à ne pas accroître les possibilités parfois catastrophiques
d’immobilisations de matériels et donc d’arrêt ou de limitation
de la production.
Cette maintenance doit être totale : démontage et observations des
usures, entretiens, réparations, stockage des pièces pour anticipation
de délais de livraison souvent longs, étude et analyse des différents
paramètres de fonctionnement grâce à l’enregistrement des données
statistiques.
La dernière question épineuse et souvent tergiversée, est de savoir décider
de l’arrêt de la production en tenant compte des besoins nécessaires
jusqu’au dernier jour d’ouverture de la station, en offrant une
piste encore praticable commercialement aux derniers clients, sans
pour autant gaspiller des kilowatts par une exagération des stocks.
Seul le stockage de statistiques comparés sur plusieurs exercices, permettra
d’approcher de façon asymptotique et raisonnée ce choix d’arrêt
de la production. »
| FRAIS
DE PERSONNEL |
|
|
| EXPLOITATION
HIVER |
Octobre |
Novembre |
Décembre |
|
Janvier |
Février |
Mars |
Total |
|
| Nombre
d'heures comptabilisées |
121
h |
453
h |
489
h |
|
224
h |
206
h |
55
h |
1548
h |
|
| Coût
horaire de la main d'oeuvre avec charges et heures sup. |
138 F |
|
| |
|
213 624 F |
|
| |
|
|
|
| ENTRETIEN
ÉTÉ ET ADMINISTRATION |
Aduction |
Réseau
eau |
Réseau
air |
|
Locaux
techniques |
Retenue
collinaire |
Réseau
électrique |
Total |
|
| Nombre
d'heures comptabilisées |
50
h |
200
h |
100
h |
|
340
h |
100
h |
240
h |
1030
h |
|
| Coût
horaire main d'oeuvre avec charges et heures sup. |
145 F |
|
| |
142 140 F |
|
| |
|
|
| ÉLECTRICITÉ |
|
| ENNEIGEURS |
Avril
à octobre |
Novembre
|
Décembre
|
|
Janvier |
Février |
Mars |
Total |
|
| Nombre
d'heures de production |
0
h |
155
h |
169
h |
|
145
h |
112
h |
5
h |
586
h |
|
| Nombre
d'enneigeurs BP |
|
19 |
19 |
|
19 |
15 |
5 |
|
|
| Consommation
enneigeurs BP |
0
Kwh |
73
625 Kwh |
80
275 Kwh |
|
68
875 Kwh |
42
000 Kwh |
625
Kwh |
265
400 Kwh |
|
| SALLE
DE POMPAGE |
|
| Nombre
d'heures de fonctionnement |
123
h |
178
h |
192
h |
|
168
h |
135
h |
28
h |
824
h |
|
| Consommation
pompes et compresseurs |
63
960 Kwh |
92
560 Kwh |
99
840 Kwh |
|
87
360 Kwh |
70
200 Kwh |
14
560 Kwh |
428
480 Kwh |
|
| LOCAUX
ET DIVERS |
|
|
|
| Consommation |
11
342 Kwh |
309
Kwh |
405
Kwh |
|
503
Kwh |
406
Kwh |
202
Kwh |
13
167 Kwh |
|
| CONSOMMATION
GLOBALE |
Total |
Prix
unitaire |
Total |
| Total
Heures creuse |
49
671 Kwh |
124
685 Kwh |
135
147 Kwh |
|
117
252 Kwh |
84
211 Kwh |
11
419 Kwh |
522
385 Kwh |
0,45 F |
235 073 F |
| Total
Heures pleines |
21
866 Kwh |
33
484 Kwh |
36
347 Kwh |
|
31
649 Kwh |
22
765 Kwh |
3
199 Kwh |
149
310 Kwh |
0,72 F |
107 503 F |
| Total
Heures de pointe |
3
765 Kwh |
8
325 Kwh |
9
026 Kwh |
|
7
837 Kwh |
5
630 Kwh |
769
Kwh |
35
352 Kwh |
1,47 F |
51 968 F |
| |
|
|
|
394 544 F |
| EAU |
|
|
| |
Quantité |
Prix
unitaire |
Total
|
|
|
| Cumul
production annuelle |
250
000 m3 |
4,5 F |
1 125 000 F |
|
|
| Divers |
8
000 m3 |
5 F |
36 000 F |
|
|
| |
|
|
1 161 000 F |
|
|
| |
|
|
|
| FOURNITURES |
|
SERVICES
EXTÉRIEURS & TAXES |
| |
Quantité |
Prix
unitaire |
Total
|
|
|
Quantité |
Prix
unitaire |
Total
|
| Adjuvants |
1
000 L |
25,0 F |
25 000 F |
|
Assistance
constructeur matériel d'enneigement |
3
j |
3 500 F |
10 500 F |
| Pièce
de rechange mécaniques aduction |
1
ensemble |
15 768 F |
15 768 F |
|
Organismes
de contrôle |
2
j |
3 800 F |
7 600 F |
| Pièce
de rechange mécaniques enneigeurs |
1
ensemble |
53 450 F |
53 450 F |
|
Assurances
(bris machine et RC) |
1
unit. |
3 800 F |
3 800 F |
| Pièce
de rechange mécaniques pompage |
1
ensemble |
33 228 F |
33 228 F |
|
Taxe
sur l'eau |
1
unit. |
4 800 F |
4 800 F |
| Pièces
de rechange électriques |
1
ensemble |
21 235 F |
21 235 F |
|
|
|
| Fournitures
diverses (bleus, chiffons, huiles,outill...) |
1
ensemble |
31 438 F |
31 438 F |
|
| |
|
|
180 119 F |
|
|
26 700 F |
| |
|
|
|
| DAMAGE |
|
MATERIEL
ROULANT |
| |
Quantité |
Prix
unitaire |
Total
|
|
|
Quantité |
Prix
unitaire |
Total
|
| Chenillettes
régalage début de saison |
32
h |
760 F |
24 320 F |
|
Véhicules
4 x 4 |
3
506 km |
7 F |
24 542 F |
| Chenillettes
régalage cours de saison |
140
h |
760 F |
106 400 F |
|
Scooters |
750
h |
145 F |
108 750 F |
| Déplacement
des enneigeurs |
51
h |
760 F |
38 760 F |
|
Location
engins TP |
74
h |
2 200 F |
162 800 F |
| |
|
|
169 480 F |
|
|
133 292 F |
| |
|
|
|
| TOTAUX
ET RATIOS DES COÛTS DE PRODUCTION HORS INVESTISSEMENT |
|
| Quantité
de neige produite (2m3 de neige pour 1m3 d'eau) |
500
000 m3 |
|
| Coût
total de la production |
2
420 899 F |
|
| Coût
au m3 de neige du personnel |
0,7
F/m3 |
15% |
|
| Coût
au m3 de neige électricité |
0,8
F/m3 |
16% |
|
| Coût
au m3 de neige de l'eau |
2,3
F/m3 |
48% |
|
| Coût
au m3 de neige fournitures |
0,4
F/m3 |
7% |
|
| Coût
au m3 de neige des services extérieurs |
0,1
F/m3 |
1% |
|
| Coût
au m3 de neige du damage |
0,3
F/m3 |
7% |
|
| Coût
au m3 de neige ddu matériel roulant |
0,3
F/m3 |
6% |
|
| Coût
global au m3 de neige produit |
4,84
F/m3 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| EXEMPLE
DE PRÉ-DIMENSIONNEMENT D'UNE INSTALLATION D'ENNEIGEMENT |
|
|
|
|
|
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|
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|
|
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|
|
|
|
|
|
|
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|
|
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|
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| |
|
ZONE
DE SAISIE |
|
|
| Étape
N°1 identification des besoins |
|
|
|
|
|
Caractéristiques
du/des sites à enneiger |
|
|
|
|
-
La démarche consiste à recenser les différentes pistes ou
secteur désignés à l'enneigement,de préciser,leurs caractéristiques
(longueur
et largeur épaisseur de neige requise etc.) et évaluer
leurs besoins spécifiques en neige et en eau pour
une première couverture
|
|
|
|
|
|
piste
ou secteur N°1 |
|
|
|
|
|
|
| 1 |
Identification
des pistes(nom) |
Longueur
(m) |
largeur
(m) |
espacement
des regards (m) |
nombre
de regards |
Surface
(m²) |
épaisseur
de neige requise (cm) |
Volume
de neige (m3) |
Volume
d'eau (m3) volume neige / 2 |
|
| 1,1 |
Front
de neige |
|
300 |
40 |
60 |
5 |
12000 |
30 |
3600 |
1800 |
|
| 1,2 |
Retour
station |
|
500 |
30 |
50 |
10 |
15000 |
20 |
3000 |
1500 |
|
|
- Le tableau ci-contre pourra être étendu autant que nécessaire
|
1,3 |
Retour
station |
|
450 |
30 |
50 |
9 |
13500 |
25 |
3375 |
1688 |
|
| 1,4 |
chemin
de liaison |
|
200 |
20 |
50 |
4 |
4000 |
20 |
800 |
400 |
|
| 1,5 |
grenouillère |
|
400 |
60 |
50 |
8 |
24000 |
40 |
9600 |
4800 |
|
| |
|
Total
et moyenne: |
1850 |
36 |
|
36 |
68500 |
27 |
20375 |
10188 |
|
| |
| Étape
N°2 évaluation des ressourses en froid et besoin d'eau |
|
|
|
|
|
Capacité
thermique du site (Nb heures de froid autour de -4 et -8 °Chumide)
et détermination des débit d'eau nécessaires |
|
|
|
|
|
|
- L'identification des secteurs à enneiger faite, on procède
à l'inventaire thermique des sites qui consiste à collecter
l'ensemble des données connues sur une ou plusieurs années (enregistrements
de température réalisés pour le projet, données météorologiques,
tous documents susceptibles d'apporter des informations sur
les ressources en froid,) |
|
Capacité
thermique moyenne du site (Nb heures de froid de -4 à -8 °Chumide
par exemple) |
Durées
retenues pour le premier enneigement (heure) |
Débit
d'eau nécessaire (m3/h) |
|
| |
-4
°C |
-8 °C |
|
| 1 |
novembre |
décembre |
janvier |
novembre |
décembre |
janvier |
-4 °C |
-8 °C |
-4 °C |
-8 °C |
|
| 1,1 |
50 |
75 |
60 |
25 |
38 |
120 |
94 |
47 |
19 |
38 |
|
| 1,2 |
60 |
90 |
72 |
30 |
45 |
144 |
113 |
57 |
13 |
26 |
|
|
- Le dépouillement des documents ci dessus doit permettre d'évaluer
la fourchette moyenne de température (exp.: -4 à -8°C)
et de quantifier le nombre d'heures disponibles notamment
en début de saison, cela étant fait on détermine la durée du
premier enneigement |
1,3 |
50 |
75 |
60 |
25 |
38 |
120 |
94 |
47 |
18 |
36 |
|
| 1,4 |
30 |
45 |
36 |
15 |
23 |
72 |
57 |
29 |
7 |
14 |
|
| 1,5 |
20 |
30 |
24 |
10 |
15 |
48 |
38 |
19 |
126 |
253 |
|
| |
|
|
|
|
|
Total
et moyenne: |
79 |
40 |
184 |
367 |
|
| |
| Étape
N°3 sélection technologique en fonction des contraintes du site |
|
Choix
du type, du nombre d'enneigeur de leur répartition, évaluation
du débit d'eau et d'air comprimé consommé |
|
|
- Cette étape requiers des connaissances concernant l'enneigement,
notamment les différentes technologies d'enneigeurs disponibles,
leurs addaptabilité aux pistes concernées, leurs capacités,
leurs mode de gestion, ainsi qu'une expérience de la production
de neige sur site, |
Technologie
d'enneigeur requise, nombre implanté et pourcentage de répartition
du débit d'eau à -4 °C suivant les types d'enneigeurs |
Débit
eau unitaire de chaque enneigeur |
Puissance
électrique unitaire (kW) |
Nb
enneigeur en marche simultanée sur base d'ébit d'eau à -4 °C |
Débit
eau total (Fct Nb enneigeur) |
Puissance
électrique totale enneigeurs (kW) |
Débit
air unitaire |
|
|
|
- Le choix technologique des enneigeurs pourra être aidé en
se référent au tableau de sélection du chapitre N°5, le nombre,
l'espacement et la distribution devra faire l'objet d'une analyse
in situ, |
% |
Technologie |
Nb
installés |
à
-4°C |
à
-8°C |
|
à
-4°C |
à
-8°C |
à
-4°C |
|
|
| 30% |
bi-fluide
à mélange interne (6m) |
12 |
6,8 |
9,2 |
|
8 |
54 |
74 |
|
258 |
|
|
| 45% |
bi-fluide
à mélange externe (10m) |
17 |
4,6 |
12,8 |
|
17 |
78 |
218 |
|
45 |
|
|
|
- Le résultat de cette étape (exemple de calcul ci-contre) sera
la détermination du nombre et type d'enneigeur, des débits d'eau
et d'air comprimé nécessaire ainsi que la puissance électrique
à distribuer sur la piste notamment pour les enneigeurs nonofluides |
15% |
mono
fluide multijicleurs (sol) |
4 |
5,7 |
17,7 |
22 |
4 |
23 |
71 |
88 |
0 |
|
|
| 10% |
mono
fluide mono buse (sol) |
2 |
8,6 |
20 |
27 |
2 |
17 |
40 |
54 |
0 |
|
|
| #### |
|
35 |
|
|
Total
: |
31 |
173 |
402 |
142 |
|
|
|
|
|
|
| |
Espacement
moyen Fct long, piste: |
53 |
|
| |
| Étape
N°4 évaluation des coûts |
|
|
- Cette évaluation comporte 2 parties |
|
|
1: le coût global d'investissement incluant : |
|
2: le coût global de l'exploitation incluant : |
|
|
|
* la maîtrise d'œuvre et les études diverses |
|
* énergie, |
|
|
|
* locaux techniques, génie civil et équipements internes |
|
* eau, |
|
|
- poste de transformation |
|
* personnel, |
|
|
- pompage et traitement d'eau |
|
* répartition de la neige produite, |
|
|
- compression et traitement d'air |
|
* maintenance, |
|
|
- armoire électrique puissance et contrôle |
|
* les transports , etc.,,, |
|
|
* ouvrages sur les pistes: |
|
* vieillissement |
|
|
- tranchées, canalisations, regards équipés, câbles, etc.,,, |
|
|
* captage d'eau et retenue |
|
|
* enneigeurs |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
6.3.2 – Organisation et méthodes de travail
Le nivoculteur se doit d'être particulièrement organisé compte
tenu des contraintes particulières liées à sa fonction.
Les quelques conseils suivants ajoutés à ses compétences, lui
permettront d'améliorer encore son efficacité.
·
Respect
de la structure hiérarchique, du règlement intérieur, des consignes,
des procédures et des notes de service de l’entreprise.
·
Assurer la continuité du service (bonne transmission
des informations de poste de travail à poste de travail, anticipation
des absences,….).
·
Rédaction d'un carnet de bord, permettant une bonne
traçabilité des différentes interventions, et une meilleure précision
dans les consignes mutuelles avec les collègues de travail ( toutefois,
ce journal de bord dûment rempli ne remplace et ne dispense pas
d'un échange direct avec les autres personnes de l'entreprise, qu'il
faut rechercher dans la mesure du possible).
·
Préparation très soigneuse de jour de son travail
de nuit (la majorité des services de l’entreprise, n’est plus accessible
la nuit).
·
Réfléchir
dans ses actions pour éviter des efforts inconsidérés ; penser
aux moyens matériels de l’entreprise ou aux services disponibles
de jour, qui permettent d’économiser ces efforts.
·
Maintenir
en bon état les accès aux points d’intervention d’urgence (déneigement
des accès aux vannes de sectionnement et autres points clefs de
l’installation).
·
Limiter
ses interventions à celles liées à sa propre compétence (ne pas
intervenir dans les locaux de transformateur sans habilitation,
ou exécuter le travail d'un spécialiste sans en avoir les capacités).
6.3.3 Relations avec les autres services
Le nivoculteur fait partie, dans la plupart des cas, du service
des pistes. Dans quelques stations, le nivoculteur est sous la responsabilité
d'un autre service (remontées mécaniques, commune,…) ou indépendant.
C'est un choix d'organisation locale.
Du fait de son isolement et de sa dépendance importante des
autres services de l’entreprise travaillant de jour, le nivoculteur
devra veiller tout particulièrement à :
·
Faire lui-même les efforts pour se rapprocher du
personnel travaillant la journée.
·
Rechercher
les compléments de compétences auprès des spécialistes (électrique,
mécanique, hydraulique, usinage, ...) et les aider à assurer leur
intervention sur les équipements de neige de culture.
·
Maintenir
des relations étroites avec les services de damage et service des
pistes (discuter avec eux du meilleur moment pour l'étalement des
tas, se concerter pour définir les zones prioritaires d'enneigement,
les zones à renforcer du fait de l'usure particulière ou de l'exposition)
.
·
Conserver une bonne coordination avec le personnel
mécanicien chargé de l'entretien des engins de déplacements.
Pour ce faire, il renseignera précisément le carnet de bord
des engins qu'il utilise, avec une bonne explication des anomalies
ou pannes qu'il aura rencontrées, et assurera scrupuleusement le
petit entretien qui est à la charge du conducteur.
6.3.4 Perfectionnement et actualisation
des connaissances
Le métier de nivoculteur est un métier nouveau en pleine évolution.
En conséquence le nivoculteur doit être particulièrement attentif
aux nouvelles techniques.
·
Il
veillera à prendre connaissance des documents délivrés par le fabriquant
(notices techniques et d’entretien, plans, schémas,….) afin de connaître
parfaitement le matériel dont il dispose. Il prendra soin de réclamer
si besoin ces documents
·
Il suivra l’évolution technologique du matériel utilisé
auprès du fabricant.
·
Il
effectuera des stages de formation complémentaire qualifiant proposés
par son employeur. Plus particulièrement :
-
Des stages de formation aux techniques de "sauveteur secouriste
du travail".
-
L’apprentissage des langues (anglais technique spécialisé).
-
Des stages de conduite des engins motorisés.
-
La formation pour l’obtention de l’habilitation électrique.
-
Des stages spécifiques de nivoculteur.
·
Il
se rapprochera des personnes exerçant le même métier dans les autres
stations qui lui feront partager leurs expériences, leurs difficultés,
leurs astuces….
L'obtention de qualifications reconnues
sera la meilleure façon d'être apprécié dans sa fonction et le meilleur
gage d'une bonne continuité dans son métier et d'une autonomie dans
ses interventions professionnelles.
6.3.5 - Réflexions d’un nivoculteur
« La préoccupation de tout nivoculteur est de pouvoir
répondre à des besoins d’enneigement, de les cerner et de les définir
dans le temps.
Il en résulte certains impératifs de prévisions et d’anticipations
à la bonne gestion de la production, qui se résument en trois points :
Quantité, qualité et coûts d’exécution.
En
début de campagne, les premiers froids arrivent sur des sols encore
souvent non gelés, les températures restent marginales et le réchauffement
solaire diurnal est encore relativement important. Le premier arrosage
permet de faire descendre le gel dans le terrain et éventuellement
de coucher la végétation en la lestant.
L’enneigement
une fois réellement débuté, de préférence dans la logique d’intervention
des chenillettes pour le régalage de la neige, le choix d’une neige
de qualité sèche prévaut, et ce pour trois raisons : la première,
la formation et l’évolution des cristaux rejoignent celles de la
neige naturelle avec une densité toutefois supérieure et assurent
ainsi une pérennité supérieure compte tenu du nombre de phases évolutives
plus importantes. Secundo le fait de maintenir une teneur en eau
liquide minimum au sein du manteau neigeux constitué, évite les
problèmes de ruissellement et de percolation conduisant à la formation
de plaques de glaces largement décriées par la clientèle, et négatives
vis-à-vis de l’effort de la qualité de la prestation recherchée.
Troisièmement le travail de la neige peut se faire de façon plus
rapide et plus douce pour les chenillettes après un temps normal
et préférentiel d’égouttage.
En ce qui concerne la clientèle, elle saura apprécier la douceur
et la skiabilité d’une piste, et n’en aura que plus gré, vis-à-vis
de la prestation qui lui est offerte. Cependant
il y a un cas de figure bien spécifique qui va à l’encontre de
cette démarche, lorsque la destination première de la piste va
vers une compétition avant d’être livrée à la clientèle. Le cahier
des charges autorisant la livraison d’une piste à la compétition
exige de la manière la plus précise que l’état de la piste offerte
aux compétiteurs soit le plus homogène possible du premier au dernier
des coureurs dans un sens et un devoir d’équité et aussi de sécurité.
La livraison de telle piste souvent avec un fort dénivelé, des murs
plus ou moins étroits, pose bien évidemment des problèmes ensuite
et oblige à un chenillage systématique de certaines portions afin
de pouvoir y faire ré-adhérer une neige beaucoup plus sèche et surtout
beaucoup plus skiable pour la majorité des clients.
La
réflexion des objectifs oblige à une maintenance préventive ou corrective
systématique de tous les organes composant la chaîne de production,
de manière à ne pas accroître les possibilités parfois catastrophiques
d’immobilisations de matériels et donc d’arrêt ou de limitation
de la production.
Cette maintenance doit être totale : démontage et observations
des usures, entretiens, réparations, stockage des pièces pour anticipation
de délais de livraison souvent longs, étude et analyse des différents
paramètres de fonctionnement grâce à l’enregistrement des données
statistiques.
La dernière question épineuse et souvent tergiversée, est de
savoir décider de l’arrêt de la production en tenant compte des
besoins nécessaires jusqu’au dernier jour d’ouverture de la station,
en offrant une piste encore praticable commercialement aux derniers
clients, sans pour autant gaspiller des kilowatts par une exagération
des stocks.
Seul le stockage de statistiques comparés sur plusieurs exercices,
permettra d’approcher de façon asymptotique et raisonnée ce choix
d’arrêt de la production. »
|